Nourriture du chien aux États-Unis : les règles

Nourriture du chien aux États-Unis : pourquoi les croquettes sont un produit agricole, ce que la douane accepte et comment la déclarer.

Par l’équipe Loulou Air · · 9 min de lecture

Dans la cabine d'un jet privé, une hôtesse pose une gamelle d'eau devant un braque de Weimar, sous le regard de sa maîtresse assise dans un fauteuil en cuir

Le sac de croquettes de votre chien n’est pas un bagage ordinaire quand vous arrivez aux États-Unis : c’est un produit agricole, soumis aux mêmes contrôles que la viande. Il doit être déclaré, et son entrée n’est jamais garantie. Voici ce que disent les trois administrations concernées : les douanes américaines, l’APHIS du ministère de l’Agriculture et la FDA.

Peut-on emporter la nourriture de son chien aux États-Unis ?

Pas librement, et jamais sans la déclarer. Les douanes américaines, le CBP, écrivent que tous les voyageurs entrant aux États-Unis doivent déclarer les viandes, fruits, légumes, plantes, graines, terre, animaux, ainsi que les produits végétaux et animaux qu’ils transportent. La nourriture pour chien entre dans cette dernière catégorie, parce qu’elle est fabriquée à partir de matières animales.

L’APHIS, le service de santé animale et végétale du ministère américain de l’Agriculture, dit la même chose : les voyageurs qui entrent aux États-Unis doivent déclarer tous les produits agricoles et issus de la faune sauvage aux agents des douanes, et ce sont ces agents qui décident si les produits peuvent entrer. Retenez l’ordre des choses : la déclaration est obligatoire dans tous les cas, l’admission se décide à l’arrivée.

Pourquoi les croquettes sont-elles un produit agricole ?

Parce qu’elles contiennent de la viande, et que la viande est la matière la plus surveillée à la frontière américaine. Le CBP est explicite : vous ne pouvez pas importer de viandes fraîches, séchées ou en conserve, ni de produits carnés, depuis la plupart des pays étrangers, et vous ne pouvez pas davantage importer de produits alimentaires préparés avec de la viande.

La règle s’applique aux ingrédients, pas seulement au produit fini. Le CBP explique qu’un produit dont un ingrédient est une viande venue d’un pays soumis à restriction est en général interdit lui aussi, et prend l’exemple du bouillon de bœuf. Un aliment pour chien à base de bœuf, de porc, d’agneau ou de volaille suit la même règle.

L’origine compte autant que la nature du produit. L’APHIS interdit aux voyageurs de rapporter la plupart des viandes de bovins, de porcs, de moutons ou de chèvres venues de pays touchés par la fièvre aphteuse, l’encéphalopathie spongiforme bovine, la maladie vésiculeuse du porc, la peste porcine classique ou la peste porcine africaine, ni la plupart des viandes de volaille venues de pays touchés par l’influenza aviaire hautement pathogène ou la maladie de Newcastle.

La France est directement concernée : la même page indique que les jambons secs et le saucisson venus de zones situées en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne sont interdits aux voyageurs, et ne peuvent entrer qu’en envois commerciaux.

Comment déclarer la nourriture du chien à l’arrivée ?

En cochant une case, avant même de rencontrer un agent. Le CBP demande de toujours déclarer les articles agricoles en cochant « Yes » à la question 11 du formulaire de déclaration 6059B, et précise que la déclaration doit couvrir tous les articles transportés en bagage enregistré, en bagage à main ou dans un véhicule. C’est le formulaire de déclaration douanière que vous devez remplir à l’arrivée.

Ce qui suit dépend de l’inspection. Le CBP indique que tous les articles agricoles sont soumis à l’inspection d’un spécialiste agricole des douanes aux points d’entrée, et qu’un article déclaré, en quantité non commerciale, qui se révèle interdit peut être abandonné sur place si le voyageur souhaite poursuivre son voyage.

Ne pas déclarer, en revanche, se paie deux fois. Les articles interdits non déclarés sont confisqués et détruits par les spécialistes agricoles du CBP, qui ajoute que des sanctions civiles peuvent être prononcées pour défaut de déclaration, jusqu’à 1 000 dollars par premier manquement pour des quantités non commerciales. Sa page « Know Before You Go » chiffre la sanction courante : 300 dollars pour un premier manquement, 500 dollars pour le second.

La déclaration, elle, protège : l’APHIS écrit que tant que vous déclarez tous vos produits agricoles aux agents des douanes, vous n’encourrez aucune sanction, même si un inspecteur estime que les articles ne peuvent pas entrer dans le pays. Vous risquez de perdre le sac, pas de payer une amende.

Faut-il un permis pour la nourriture du chien ?

Souvent, oui, dès qu’elle contient du matériel d’origine animale. La FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et des médicaments, indique qu’un permis des services vétérinaires de l’APHIS est en général exigé pour l’importation de tout aliment pour animaux contenant du matériel d’origine animale venu de pays touchés par des maladies du bétail exotiques pour les États-Unis. L’APHIS formule la règle de façon plus large encore : en général, un permis des services vétérinaires est nécessaire pour les matières dérivées d’animaux ou exposées à des matières d’origine animale.

Le même service indique où vérifier votre cas : son outil en ligne, le VS Permitting Assistant, contient les informations les plus à jour et les plus complètes sur les produits qui exigent ou non un permis. Préparez la liste des ingrédients d’origine animale et le pays d’origine avant de le consulter. Un permis ne dispense de rien à l’arrivée : l’APHIS précise que les douanes examinent tous les produits d’origine animale importés au point d’entrée, y compris ceux qui n’exigent pas de permis.

Expédier les croquettes par la poste ne simplifie rien, au contraire : l’APHIS considère les marchandises envoyées par courrier comme relevant d’un usage commercial, alors que l’usage personnel désigne ce qui se trouve dans les bagages ou le véhicule d’un passager. S’y ajoutent alors les obligations de la FDA, qui exige l’enregistrement de l’établissement et une notification préalable pour chaque expédition d’aliments importés avant son arrivée.

Les friandises, os à mâcher et bois de cerf sont-ils admis ?

Certains le sont, à des conditions précises que l’APHIS énumère. Le cuir brut simple destiné à servir de friandise ou d’os à mâcher entre sans permis des services vétérinaires s’il n’est ni broyé, ni aromatisé, ni badigeonné, ni coloré, ni transformé autrement. L’APHIS le définit comme une peau de bovin non tannée : un produit qui ne correspond pas à cette description exige un permis.

Les bois de cerf suivent une règle voisine : les bois naturellement tombés, simples, non broyés, non réduits en poudre et non aromatisés sont admis sans permis s’ils viennent d’une région indemne de fièvre aphteuse et de peste bovine, et s’ils sont accompagnés d’un certificat sanitaire original signé par un vétérinaire salarié à plein temps de l’agence sanitaire de la région exportatrice. Un certificat de votre vétérinaire ne suffit pas.

Combien de nourriture peut-on emporter ?

Pour les produits carnés, l’APHIS fixe une limite claire : un voyageur ne peut pas apporter plus de 50 livres d’un même article, soit environ 22,7 kilos ; au-delà, l’envoi est considéré comme commercial et relève d’un autre service du ministère.

Pour la nourriture pour chien, les seules conditions chiffrées que publie l’APHIS concernent le Canada : les aliments, friandises et os à mâcher doivent se trouver dans un emballage de vente au détail non ouvert, les produits crus, déshydratés, lyophilisés ou séchés au soleil doivent porter une étiquette de produit du Canada ou des États-Unis, et la limite est de 50 livres par véhicule par voie terrestre, de 20 livres par famille par voie aérienne. L’APHIS ajoute qu’il peut imposer des restrictions temporaires lorsque certaines maladies du bétail ou des volailles sont présentes en Amérique du Nord.

Pour un départ de France, aucune limite de poids propre à la nourriture pour chien n’est publiée : ce sont l’origine des ingrédients et le permis qui décident, pas le poids du sac.

Que faire avant le départ ?

Prévoyez la ration du trajet, et organisez l’approvisionnement sur place : c’est la seule approche qui résiste au contrôle, puisque l’admission de votre sac se décide à l’arrivée.

Trois gestes utiles, tirés des pages officielles. Gardez les emballages d’origine et les reçus : l’APHIS conseille de les conserver comme preuve du pays d’origine, aux côtés de l’étiquette du produit, de la preuve du voyage ou d’un certificat d’origine. Vérifiez votre produit précis dans le VS Permitting Assistant avant de le mettre dans la valise. Et déclarez tout, même ce dont vous doutez.

Changer brutalement l’alimentation d’un chien n’est pas anodin : notre article sur le décalage horaire du chien rappelle ce que disent les sources vétérinaires sur la ration habituelle. Si votre chien suit un régime particulier, parlez-en à votre vétérinaire, et cherchez avec lui un équivalent disponible aux États-Unis.

Le reste du dossier est traité ailleurs : le document exigé pour votre chien à l’entrée est détaillé dans notre article sur le formulaire du CDC et sur notre page formalités d’entrée aux États-Unis, et la liste de ce qu’on emporte est dans la valise de son chien. Les autres destinations sont sur nos pages formalités par destination.

Qui vérifie le dossier de votre chien avant le vol ?

Nos courtiers : ils vérifient le dossier de chaque chien avant le départ, documents d’entrée compris. Les formalités restent dues sur tous les vols, les vols privés compris : ni la déclaration douanière de la nourriture, ni le formulaire exigé pour votre chien ne disparaissent parce que vous volez en jet privé.

Loulou Air est une marque d’AEROAFFAIRES, courtier en aviation privée depuis 1991, et vend le jet privé en Pay-per-Seat, pour votre chien et vous : vous payez votre siège, pas l’avion, et chaque billet comprend un siège pour un humain et son chien. Votre chien voyage en cabine avec vous, jamais en soute, et reste à vos pieds pendant tout le vol. La limite de poids des compagnies régulières ne s’applique pas, puisqu’il ne voyage pas en soute : la capacité dépend de l’appareil et du nombre d’animaux à bord, et un courtier valide chaque chien au cas par cas. À bord, l’équipage est briefé à l’accueil des animaux, et l’eau, les gamelles et les couvertures sont fournies.

Nos vols desservent New York : voir les vols vers New York, ou parlez à un courtier du dossier de votre chien et de sa nourriture.

Questions fréquentes

Peut-on emporter des croquettes dans sa valise pour les États-Unis ?

Vous pouvez les emporter, mais vous devez les déclarer, et leur entrée n’est pas garantie. Le CBP demande de déclarer tous les produits d’origine animale, en cochant « Yes » à la question 11 du formulaire 6059B, et interdit l’importation de produits carnés depuis la plupart des pays étrangers. Un article déclaré puis refusé est abandonné sur place, sans sanction.

Combien risque-t-on si on ne déclare pas la nourriture du chien ?

Le CBP chiffre la sanction civile à 300 dollars pour un premier manquement et 500 dollars pour le second, et sa page sur les produits agricoles mentionne des sanctions pouvant atteindre 1 000 dollars par premier manquement pour des quantités non commerciales. Les articles interdits non déclarés sont en outre confisqués et détruits.

Peut-on faire envoyer la nourriture de son chien par la poste ?

Ce n’est pas plus simple. L’APHIS considère les marchandises envoyées par courrier comme relevant d’un usage commercial, et non personnel, ce qui déclenche les obligations des importateurs : permis des services vétérinaires selon le produit, et, côté FDA, notification préalable pour chaque expédition d’aliments importés.

Sources

Les règles changent : vérifiez-les avant chaque départ auprès de ces sources.