Races de chiens interdites à Dubaï : la liste

Les seize races de chiens interdites à l'importation à Dubaï et dans les Émirats, le texte qui les fixe, et le cas des chiens croisés.

Par l’équipe Loulou Air · · mis à jour le · 8 min de lecture

Un labrador sable couché sur le sol en pierre de la terrasse ombragée d'une villa à Dubaï, près de son maître assis, gratte-ciel au loin

Seize races de chiens ne peuvent pas entrer aux Émirats arabes unis, Dubaï comprise. La liste est publiée par le ministère émirien du Changement climatique et de l’Environnement, le MOCCAE, et elle ne nomme que des races : ni le poids du chien, ni son comportement n’y entrent. Voici cette liste, le texte qui la fixe, et les deux points sur lesquels les sources officielles émiriennes se contredisent encore.

Quelles races de chiens sont interdites à Dubaï ?

Le MOCCAE interdit l’importation de seize races, qu’il regroupe en quatre familles. La page officielle du service d’importation des animaux de compagnie les énumère ainsi (MOCCAE) :

  • Pit-bulls : Staffordshire bull terrier, American pit bull terrier, American Staffordshire terrier, American bully.
  • Molosses : Fila Brasileiro, dogue argentin, dogue du Tibet, mâtin napolitain, dogue de Bordeaux, boerboel, bullmastiff, cane corso, bully kutta, perro de presa canario.
  • Tosa : tosa japonais.
  • Presa canario.

Le ministère publie ces noms en anglais : nous les donnons ici sous leur appellation française usuelle. Sa liste compte seize entrées, dont deux aux noms très proches : « perro de presa canario », rangé parmi les molosses, et « presa canario », qui forme une famille à lui seul.

Mon chien est autorisé en France : cela change-t-il quelque chose ?

Non, les deux réglementations sont indépendantes. La France classe en catégories certains chiens considérés comme pouvant être dangereux : la 1re catégorie, dite chiens d’attaque, vise les chiens sans pedigree issus de croisements assimilables par leur morphologie à l’American Staffordshire terrier, au Mastiff ou au Tosa ; la 2e catégorie, dite chiens de garde et de défense, vise l’American Staffordshire terrier, le rottweiler et le tosa avec pedigree (service-public.gouv.fr).

Les deux listes ne se recouvrent pas. Le dogue de Bordeaux, le cane corso, le bullmastiff et le Staffordshire bull terrier sont interdits aux Émirats, alors qu’aucun d’eux n’est nommé par les deux catégories françaises. À l’inverse, le rottweiler est un chien de 2e catégorie en France et ne figure pas sur la liste émirienne en vigueur.

Ne déduisez donc rien de votre situation en France. Seule la liste du MOCCAE compte pour entrer aux Émirats.

Où cette interdiction est-elle écrite ?

Dans une annexe d’une loi fédérale émirienne, modifiée en 2021. La loi fédérale n° 22 de 2016 encadre la détention des animaux dangereux ; son annexe 2 s’intitule « Liste des chiens dangereux ». Son article 14 interdit à toute personne physique ou morale de détenir, de commercer ou de faire reproduire l’un des chiens classés dangereux et énumérés à cette annexe 2 (ministère de la Justice des Émirats).

Le mot « commerce » est plus large qu’il n’y paraît. La loi le définit comme « toutes les transactions de vente, fourniture, commercialisation, promotion, transport, importation, exportation ou réexportation, échange ou prêt ». Le transport et l’importation sont donc visés explicitement : faire venir un de ces chiens aux Émirats tombe sous l’interdiction de l’article 14.

Cette annexe 2 a été modifiée par la résolution ministérielle n° 190 de 2021, signée par le ministre du Changement climatique et de l’Environnement et délivrée le 25 août 2021 (résolution 190/2021). Le texte annexé à cette résolution est la liste en quatre familles, celle que reprend aujourd’hui la page d’importation du ministère.

Les sanctions prévues. L’article 20 de la loi punit la violation de l’article 14 d’un emprisonnement d’un mois à six mois et d’une amende de 10 000 à 500 000 dirhams, ou de l’une de ces deux peines seulement.

Un chien croisé est-il concerné ?

Rien ne permet de l’exclure, et deux textes officiels émiriens toujours en ligne ne disent pas la même chose. C’est le point le plus délicat de ce sujet.

La résolution 190 de 2021, en vigueur, énumère seize races et ne parle ni de croisement, ni d’hybride. Mais le ministère publie toujours, sur son propre site, le PDF de la loi de 2016 portant l’annexe 2 d’origine, et celle-ci était rédigée autrement (PDF MOCCAE de la loi 22/2016) : après les quatre pit-bulls venait la mention « tout croisement des races ci-dessus ou leur hybride », la famille des molosses se terminait par « tout mastiff ou hybride », et le tosa était visé « ou hybride ». Cette version d’origine citait en outre trois races absentes de la liste actuelle : le rottweiler, le dobermann et le boxer. Le texte anglais publié par le ministère de la Justice porte la même annexe d’origine.

La loi de 2016 définit par ailleurs l’animal hybride comme « le produit de deux animaux de deux races ou espèces différentes », et renvoie pour la liste à ses annexes.

Autrement dit : la version la plus récente de l’annexe est muette sur les croisés, mais la version antérieure les visait, et le ministère diffuse encore les deux. Aucune source officielle n’explique cet écart, et aucune ne décrit comment la race d’un chien est établie à l’arrivée, examen visuel ou pedigree exigé.

À retenir : tant que le MOCCAE n’a pas répondu par écrit sur votre chien, considérez qu’un croisé d’une de ces races sera refusé. Le ministère indique sur sa page de service une adresse pour les demandes de renseignement : [email protected]. Posez la question avant de réserver, pas la veille du départ.

Une exception existe-t-elle pour les chiens d’assistance ?

Oui, et c’est la seule prévue par le texte. Chacune des quatre familles de l’annexe 2 porte la mention « sauf pour ceux utilisés comme animaux d’assistance, animaux de soutien émotionnel ou à usage médical ».

La résolution 190 de 2021 fixe trois conditions à réunir pour l’importation et l’usage d’un tel chien :

  • un document certifié d’un centre de dressage attestant que le chien a été formé pour l’un de ces usages ;
  • un rapport médical sur l’état de santé du propriétaire, qui justifie l’usage du chien ;
  • un engagement du propriétaire de ne pas céder le chien, de ne pas l’abandonner et de ne pas le faire reproduire, et de respecter les exigences de la réglementation.

La page du ministère demande les mêmes pièces, certifiées par l’autorité compétente du pays d’origine, et annonce un délai de cinq jours ouvrés pour ces dossiers, contre un jour ouvré pour un animal de compagnie ordinaire.

Mon chien n’est pas sur la liste : que faut-il prévoir ?

Un permis d’importation délivré avant le départ, et un dossier sanitaire complet. La page du MOCCAE fixe les points suivants.

Le permis. Il est délivré par le ministère avant l’importation et vaut 90 jours à compter de sa délivrance. Un animal ne peut pas être importé avec un permis expiré.

Le titrage antirabique. La France métropolitaine ne figure pas dans la liste des pays à faible risque publiée par le ministère. Un chien qui part de France relève donc du régime des pays à haut risque : prise de sang analysée par un laboratoire agréé, résultat d’au moins 0,5 UI/ml, au moins vingt et un jours après une première vaccination. Le certificat de titrage vaut 365 jours, à condition que la vaccination reste valide et qu’aucun rappel n’ait été administré entre-temps.

L’âge. Le ministère fixe un âge minimal de douze semaines au départ d’un pays à faible risque, et d’au moins quinze semaines au départ d’un pays à haut risque.

Le nombre d’animaux. Un particulier peut importer au maximum deux animaux de compagnie par personne et par an : deux chiens, deux chats, ou un chien et un chat. Les animaux résidant aux Émirats qui rentrent au pays ne sont pas comptés.

Le trajet. L’expédition doit partir directement du pays d’exportation ; si l’avion traverse un autre pays, l’animal ne doit être mélangé à aucun autre animal pendant le transit. Le ministère exige que les chiens soient transportés selon les conditions de l’IATA relatives au transport des animaux de compagnie.

Le détail de la procédure, avec les écarts relevés entre sources officielles, figure sur notre page formalités pour les Émirats arabes unis. Notre article chien de plus de 8 kg en avion recense par ailleurs ce qu’acceptent les compagnies régulières vers Dubaï.

Que risque-t-on si le dossier est refusé ?

Le refoulement ou la confiscation. La page du MOCCAE est brève sur ce point : en cas de non-respect des conditions d’importation, l’animal est refusé aux frais de son propriétaire, ou confisqué. À cela s’ajoutent, pour une race interdite, les peines de l’article 20 de la loi de 2016 rappelées plus haut.

Deux précautions valent donc d’être prises tôt. D’abord, faire confirmer par écrit la situation de votre chien auprès du MOCCAE, surtout s’il est croisé. Ensuite, vérifier les exigences peu avant le départ : l’agence canadienne d’inspection des aliments prévient sur sa page consacrée aux Émirats que les Émirats peuvent modifier ces conditions d’importation sans l’en informer, et recommande de confronter le certificat d’exportation au permis d’importation obtenu (ACIA).

Enfin, une fois sur place, la loi de 2016 impose la laisse : son article 15 exige que les chiens soient tenus en laisse avec un collier adapté dès qu’ils sortent des limites de leur abri, faute de quoi ils peuvent être retenus. L’article 22 punit cette infraction d’une amende de 10 000 à 100 000 dirhams.

Comment emmener son chien à Dubaï en cabine ?

Sur un vol privé : sur les vols réguliers, les possibilités pour un chien vers Dubaï sont très limitées, comme le montre notre article Chien en cabine : poids, taille et compagnies. Loulou Air, marque d’AEROAFFAIRES, courtier en aviation privée depuis 1991, propose le jet privé en Pay-per-Seat sur ses vols partagés de Paris-Le Bourget à Dubaï Al Maktoum : vous payez votre siège, pas l’avion, et votre chien voyage en cabine, à vos pieds, jamais en soute. Les races de la liste restent interdites à l’importation, quel que soit le vol : avant toute réservation, nos courtiers vérifient avec vous le dossier de votre chien.

Voir les vols vers Dubaï ou parler à un courtier.

Questions fréquentes

Le rottweiler est-il interdit à Dubaï ?

Il ne figure pas sur la liste actuelle du MOCCAE, issue de la résolution 190 de 2021. Il figurait en revanche sur la version d’origine de l’annexe 2, que le ministère publie toujours en ligne. Faites confirmer le cas par écrit auprès du MOCCAE avant de réserver.

Comment savoir si un croisé sera accepté ?

Aucune source officielle ne le dit, et les deux versions de l’annexe 2 diffusées par le ministère émirien divergent sur ce point. La seule réponse fiable est un écrit du MOCCAE, dont la page de service donne l’adresse [email protected], obtenu avant toute réservation.

Un chien interdit peut-il transiter par Dubaï sans sortir de l’aéroport ?

Le ministère prévoit qu’un transit aérien dans le même aéroport ne nécessite pas de permis de transit, à condition que l’animal reste isolé de tout autre animal. Aucune source officielle ne précise si les races de l’annexe 2 bénéficient de cette tolérance : posez la question au MOCCAE avant d’acheter un billet avec escale aux Émirats.

Sources

Les règles changent : vérifiez-les avant chaque départ auprès de ces sources.